Les sanctions internationales ont longtemps visé des États, des banques, des entreprises ou des individus. Avec la montée en puissance des cryptomonnaies, ce levier géopolitique s’étend désormais aux adresses blockchain, aux exchanges et parfois à des protocoles entiers. Résultat : l’idée d’un écosystème entièrement “au-dessus” des lois et des frontières est largement remise en question.

Comprendre comment les sanctions impactent les cryptos aide à mieux lire les tensions entre finance décentralisée, régulation et politique internationale, un thème que l’on retrouve aussi dans nos articles sur la réglementation mondiale et les monnaies digitales de banques centrales (CBDC).

Sanctions financières : rappel du fonctionnement

Les sanctions internationales sont décidées par :

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• Des États : États-Unis, pays de l’UE, etc.

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• Des organisations internationales : ONU, UE, etc.

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Elles peuvent prendre plusieurs formes :

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• Gel d’avoirs,

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• Interdiction de fournir certains services,

• Blocage d’accès au système financier,

• Embargos sectoriels.

Traditionnellement, ces mesures passent par les banques, les réseaux de paiement (comme SWIFT) et les grandes entreprises. Avec les cryptos, un nouveau champ d’application s’ouvre : les adresses publiques et les smart contracts.

Blacklisting d’adresses crypto et pression sur les exchanges

Les autorités peuvent aujourd’hui publier des listes d’adresses liées à des entités sanctionnées (individus, groupes, États) ou à des activités illégales (ransomwares, hacks, financement terroriste). Les prestataires régulés (exchanges, brokers, PSAN) ont alors l’obligation de :

• Surveiller les transactions vers/depuis ces adresses,

• Refuser ou bloquer certains transferts,

• Signaler les mouvements suspects aux autorités.

Cela s’appuie sur l’usage d’outils d’analyse on-chain, qui tracent les flux sur Bitcoin, Ethereum et d’autres blockchains. Comme expliqué dans l’article sur la régulation et le marché crypto, la transparence des registres distribués facilite ce travail.

Impact sur les utilisateurs et sur la liquidité

Concrètement, les sanctions peuvent :

• Empêcher certains utilisateurs d’accéder à des exchanges, lorsqu’ils résident dans un pays sanctionné.

• Geler des fonds sur une plateforme régulée, si celle-ci reçoit l’ordre de bloquer un compte lié à une enquête.

• Fragmenter la liquidité, en poussant certains acteurs vers des places de marché non régulées ou vers des DEX.

Pour les investisseurs “lambda”, cela rend la situation plus complexe : tu dois t’assurer que tes partenaires (exchanges, brokers, entreprises avec lesquelles tu travailles) sont conformes aux règles, au risque sinon d’être indirectement touché par une mesure de sanction.

DeFi, anonymat et contournement des sanctions

Une partie du débat tourne autour de la question suivante : est-il possible de contourner les sanctions grâce aux crypto-actifs ?

• Théoriquement, oui : des individus peuvent utiliser des DEX, des mixers, des protocoles DeFi pour déplacer des fonds sans passer par des intermédiaires centralisés.

• En pratique, c’est de plus en plus difficile à grande échelle : les gros montants finissent souvent par toucher des plateformes centralisées, où la conformité KYC/AML est stricte.

L’affaire Tornado Cash, traitée dans un article dédié, illustre cette tension : un protocole de confidentialité a été ciblé par des sanctions, soulevant des questions sur la censure de code open source et la responsabilité des développeurs.

Position des institutions internationales

Des organisations comme le FMI, la Banque des Règlements Internationaux (BRI/BIS) ou la Banque mondiale publient régulièrement des rapports sur l’usage des cryptos dans les pays émergents, les économies en crise et les risques de contournement des sanctions. Ces rapports sont accessibles, par exemple, sur : https://www.bis.org

Ils insistent souvent sur :

• La nécessité d’un cadre global pour éviter les “trous de régulation”.

• Le rôle des CBDC et des infrastructures publiques comme alternative plus contrôlable aux cryptos privées.

• L’importance des standards KYC/AML harmonisés, que nous abordons aussi dans l’article sur le KYC et la légalité des cryptos.

Conclusion : un équilibre instable entre neutralité technologique et pression politique

Les sanctions internationales montrent que la neutralité technique des blockchains se heurte au pouvoir politique des États et des coalitions internationales. Les transactions peuvent être techniquement possibles, mais leur convertibilité dans l’économie réelle (banques, entreprises, biens physiques) dépend de plus en plus d’un environnement régulé.

Pour l’utilisateur, l’enjeu est de comprendre que l’apparente liberté totale des cryptos est, dans les faits, reconfigurée par ces dynamiques de sanctions, de conformité et de surveillance. Naviguer dans cet écosystème demande donc non seulement des compétences techniques, mais aussi une bonne compréhension du contexte géopolitique et réglementaire qui l’entoure.

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Je suis Kevin, créateur de GuideCrypto.fr. Pendant des années, j'ai vu des gens intimider par la blockchain. Pas parce que c'est compliqué – juste parce que personne ne prenait le temps d'expliquer vraiment. GuideCrypto, c'est ma réponse à ça. Des guides qui font sens, sans compromis sur la clarté.

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