Lorsque tu entends “sécurité des portefeuilles crypto”, tu penses peut-être à la seed phrase, aux hardware wallets ou aux adresses multi-signatures (multisig). Mais il existe une brique cryptographique plus avancée, de plus en plus utilisée par les plateformes professionnelles, les DAO ou les services de garde institutionnels : les threshold signatures, ou signatures à seuil.

Cette technologie permet de remplacer un multisig classique par une seule clé visible on-chain, tout en répartissant la capacité de signature entre plusieurs parties hors chaîne. C’est une brique clé pour la sécurité, la confidentialité et la flexibilité des systèmes de custody modernes, au cœur de la finance décentralisée comme de la finance traditionnelle qui s’intéresse aux crypto-actifs.

Rappel : multisig classique, forces et limites

Avant de parler de threshold signatures, rappelons le principe du multisig classique :

À lire aussi: Portefeuilles Multi-Signatures (Multisig) : Sécuriser Collectivement ses Cryptos

• On définit une règle M sur N : par exemple, 2 signatures sur 3 sont nécessaires pour valider une transaction.

À lire aussi: Succession et Héritage Crypto : Comment Transmettre ses Actifs Numériques en Toute Sécurité

• On génère N clés publiques, associées à N détenteurs différents.

À lire aussi: Gestion du Risque en Portefeuille Crypto: Diversification, Taille de Position et Scénarios de Stress

• Le script ou le smart contract impose que M signatures valides soient présentes pour dépenser les fonds.

À lire aussi: Trésorerie d’Entreprise en Bitcoin et Stablecoins: Opportunités, Risques et Cadre Comptable

Sur Bitcoin, cela passe par des scripts spécifiques. Sur Ethereum, par des smart contracts (Gnosis Safe, par exemple). C’est déjà une très bonne pratique de sécurité, en complément du cold storage pour les montants importants.

À lire aussi: Les DAO d’Investissement : Quand les Communautés Gèrent des Fonds sur la Blockchain

Mais le multisig classique présente des inconvénients :

• Visibilité on-chain : on voit que l’adresse est un multisig, avec plusieurs clés.

• Complexité pour certaines intégrations (DeFi, bridges) sur certaines chaînes.

• Coût de gas plus élevé, surtout sur Ethereum, car plus de données doivent être traitées.

Threshold signatures : une seule clé, plusieurs “morceaux”

Les threshold signatures proposent une approche différente :

• Une seule clé publique est visible on-chain, comme pour un portefeuille classique.

• La clé privée associée n’existe jamais en un seul morceau : elle est “partagée” cryptographiquement entre plusieurs parties.

• Un sous-ensemble de participants (M sur N) collabore pour produire une signature valide, sans jamais recomposer la clé privée complète.

On parle parfois de cryptographie multipartite (MPC), car plusieurs parties participent au calcul de la signature sans se faire confiance mutuellement.

Comment ça fonctionne, en simplifiant ?

Sans entrer dans les détails mathématiques, la logique est la suivante :

1. Génération distribuée : les N participants exécutent un protocole pour générer ensemble une paire de clé (publique/“partagée”), sans que personne ne voie la clé privée entière.

2. Stockage des parts : chaque participant garde un “morceau” (share) de la clé privée, inutilisable seul.

3. Signature distribuée : lorsqu’une transaction doit être signée, au moins M participants utilisent leurs shares pour produire, ensemble, une signature unique.

4. Vérification standard : la signature finale est vérifiée par la clé publique classique, comme pour n’importe quel portefeuille.

Résultat : pour la blockchain, on voit une transaction signée avec une seule clé, alors qu’en coulisses, plusieurs entités ont collaboré pour générer cette signature.

Avantages par rapport au multisig on-chain

Les threshold signatures offrent plusieurs avantages :

• Confidentialité : on ne voit pas on-chain qu’il s’agit d’un portefeuille multisig ou partagé. Cela limite la surface d’information disponible pour un attaquant.

• Compatibilité : du point de vue de la blockchain, c’est une signature normale. Donc compatible avec tous les protocoles DeFi, bridges, dApps, etc. sans logique spécifique.

• Efficacité : une seule signature et une seule clé publique à vérifier, donc des coûts de gas réduits sur les blockchains type Ethereum, où chaque octet compte.

Pour des acteurs institutionnels, c’est une alternative moderne au multisig classique. Tu peux d’ailleurs croiser ce type de technologie dans des offres de custody institutionnelle ou des wallets “MPC” nouvelle génération.

Cas d’usage : entreprises, DAO, services de garde

Quelques cas concrets :

• Trésorerie d’entreprise : répartir la capacité de signature entre plusieurs dirigeants ou départements, sans qu’une seule personne puisse vider les fonds.

• DAO : distribuer les pouvoirs de signature au sein d’un comité multisig, tout en utilisant une adresse unique pour interagir avec les protocoles DeFi décrits dans nos articles sur la DeFi et le Web3.

• Services de garde (custody) : stocker les shares dans différents data centers, parfois sur plusieurs continents, pour résister à des compromissions physiques ou juridiques.

Combinées avec de bonnes pratiques opérationnelles (processus internes, audits, contrôles), les threshold signatures renforcent considérablement la résilience d’une infrastructure crypto.

Liens avec la régulation et les normes de sécurité

Les régulateurs et les auditeurs s’intéressent de près à ces technologies, car elles influencent la manière dont les fonds sont sécurisés et les responsabilités réparties. Dans le cadre des régulations comme MiCA ou des statuts nationaux (PSAN en France, voir nos articles sur la réglementation crypto), l’usage de solutions MPC/threshold peut être un argument en faveur d’une meilleure gestion des risques.

Pour un aperçu plus académique et technique des schemes de threshold signatures et de MPC, on peut consulter de nombreuses publications universitaires disponibles via des sites .edu, ainsi que des documents de recherche cités dans la documentation de projets comme Ethereum : https://ethereum.org

Conclusion : une brique clé de la sécurité crypto moderne

Les threshold signatures ne sont pas une simple “option avancée” : elles deviennent progressivement un standard de facto pour les acteurs qui gèrent de gros volumes d’actifs numériques. Elles combinent le meilleur des deux mondes : la simplicité d’usage d’une adresse unique et la robustesse d’une sécurité réellement répartie.

Pour un investisseur particulier, tu n’es pas obligé de les utiliser directement. Mais comprendre leur principe te permet de mieux évaluer les promesses de sécurité des plateformes, wallets et services que tu utilises, et de distinguer le marketing des solutions réellement robustes.

Partagez.

Je suis Kevin, créateur de GuideCrypto.fr. Pendant des années, j'ai vu des gens intimider par la blockchain. Pas parce que c'est compliqué – juste parce que personne ne prenait le temps d'expliquer vraiment. GuideCrypto, c'est ma réponse à ça. Des guides qui font sens, sans compromis sur la clarté.

Comments are closed.

N°1 pour débuter facilement dans la cryptomonnaie.

Convertisseur crypto

Le site ne fournit aucun conseil en investissement.

Toute décision d’investissement doit être précédée de vos propres recherches et analyses. Investir dans les cryptomonnaies comporte des risques.

© 2026 Guide Crypto. Parce que tout le monde mérite de comprendre les cryptomonnaies.