Source officielle: Blockchain
Hedera Hashgraph (HBAR) n’est pas à proprement parler une “blockchain” au sens classique du terme. Il s’agit plutôt d’un registre distribué utilisant une structure de données en graphe acyclique dirigé (DAG) et un algorithme de consensus original, visant à offrir une très forte performance, une finalité rapide et une gouvernance orientée vers les entreprises.
Hedera se positionne ainsi comme une alternative aux blockchains traditionnelles comme Bitcoin ou Ethereum, dans la lignée des approches DAG décrites dans nos articles sur les technologies de registre distribuées.
Hashgraph : un DAG pour le consensus
Contrairement à une blockchain, où les blocs s’enchaînent linéairement, un hashgraph est un graphe dans lequel chaque nœud du réseau “gossip” (propage) des informations à d’autres, et où les événements (transactions) sont organisés dans une structure qui permet de reconstruire l’ordre et l’horodatage.
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Caractéristiques :
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• Gossip about gossip : chaque message contient non seulement des transactions, mais aussi des informations sur les messages précédents connus, ce qui permet à tous les nœuds de reconstruire l’historique.
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• Virtual voting : le consensus ne nécessite pas de votes explicites, car chaque nœud peut inférer ce que les autres “auraient voté” en fonction de la structure du graphe.
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• Finalité rapide : les décisions de consensus sont obtenues en quelques secondes, avec une forte tolérance aux fautes byzantines.
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Ce modèle se distingue des Proof of Work et des Proof of Stake décrits dans l’article sur les méthodes de consensus, tout en poursuivant les mêmes objectifs : sécurité, performance, résistance aux attaques.
HBAR : token natif et utilisation
Le token HBAR est utilisé pour :
• Payer les frais de transaction et de déploiement de smart contracts sur Hedera.
• Participer à la sécurité, via des mécanismes de mise en jeu (staking) et de gouvernance, selon l’évolution du protocole.
• Servir de carburant pour les applications construites sur le réseau (paiements, stockage de données, etc.).
La structure tarifaire vise à offrir des frais stables et prévisibles, ce qui est un argument fort pour les entreprises qui cherchent à intégrer une technologie de registre distribué dans leurs systèmes existants.
Gouvernance par un conseil d’entreprises
Hedera adopte un modèle de gouvernance hybride : le réseau est public, mais la gestion du protocole est confiée à un conseil de gouvernance composé de grandes entreprises et organisations (technologie, finance, industrie…).
Rôle de ce conseil :
• Définir la feuille de route, approuver les mises à jour du protocole.
• Gérer certains paramètres économiques et les règles d’utilisation.
• Offrir une forme de stabilité et de crédibilité institutionnelle, censée rassurer les entreprises.
Ce modèle se distingue de la gouvernance plus ouverte d’autres projets, comme Tezos ou Cosmos, et pose des questions intéressantes sur le compromis entre décentralisation et gouvernance structurée, questions déjà abordées dans les articles sur la régulation et les marchés crypto.
Cas d’usage : entreprises, identités, micropaiements
Hedera vise notamment :
• Les applications d’entreprise : suivi de processus, certificats, gestion de données sensibles avec horodatage vérifiable.
• Les identités numériques : solutions de self-sovereign identity, attestations, KYC partagé.
• Les micropaiements : grâce à des frais faibles et une finalité rapide, pour des services à l’usage, des API payantes, etc., dans l’esprit de certains cas d’usage évoqués pour le Lightning Network mais avec une approche technologique différente.
Ces domaines supposent une forte exigence en matière de disponibilité, de sécurité et de conformité réglementaire, éléments mis en avant par Hedera.
Régulation, statut juridique et documentation
En visant explicitement le monde des entreprises et des institutions, Hedera se trouve au croisement des préoccupations sur :
• Le statut juridique de HBAR, en tant qu’actif numérique utilisé pour payer des services réseau.
• La conformité des applications développées, notamment lorsqu’elles touchent à des secteurs régulés (finance, santé, identité).
• La confidentialité des données, car même si la blockchain assure la transparence, certaines informations doivent rester privées, ce qui implique des architectures hybrides.
Les spécifications techniques et les lignes directrices pour les développeurs sont disponibles sur le site officiel : https://hedera.com
Conclusion : une autre voie pour les registres distribués
Hedera Hashgraph montre que la blockchain n’est pas la seule façon de concevoir un registre distribué. En s’appuyant sur un DAG et un consensus original, combinés à une gouvernance d’entreprise, le projet tente de concilier performance, sécurité et adoption institutionnelle.
Pour les acteurs du Web3, Hedera pose une question intéressante : jusqu’où peut-on s’éloigner du modèle de la blockchain classique et des idéaux de décentralisation totale, tout en bénéficiant des avantages des registres distribués ? La réponse dépendra autant de l’évolution technique de Hashgraph que de la manière dont régulateurs, entreprises et utilisateurs accepteront ce compromis.
